- 30 oct. 2024
Les femmes narcissiques : entre supériorité et soumission
- Judith Hejda
- Relations toxiques
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Entre les deux extrêmes : l'infériorité ou la supériorité, charmantes séduisantes et manipulatrices, elles utilisent l’autre afin d’arriver à leurs fins, à briller ou à se soumettre
Le narcissisme masculin – le narcissisme féminin
Les personnes perverses narcissiques sont connues pour leur envie de contrôler, le souhait d’avoir le pouvoir sur les autres (par différents moyens comme : la victimisation, les menaces, le contrôle émotionnel, le rabaissement, etc.). Elles apparaissent comme des personnes égocentriques, peu empathiques, avec un énorme besoin de briller, d’être admirées et de prendre une position supérieure.
La psychologue Bärbel Wardetzky définit les traits nommés ci-dessus comme les traits du «narcissisme masculin», car ils sont majoritairement retrouvés chez les homme
https://www.judith-coaching.fr/blog/articles/comment-sortir-de-l-emprise-d-une-personne-narcissique
Cet article se réfère au travail de la psychologue Bärbel Wardetzky du livre « Weiblicher Narzissmus » (trad : féminisme féminin) paru en allemand.
Les idées pour sortir du narcissisme s’appliquent à toutes les personne, hommes et femmes.
Les traits des femmes narcissiques (mais pas que)
Contrairement au narcissisme masculin, le narcissisme féminin (souvent, mais pas toujours exprimé par des femmes) se démarque par un comportement différent.
À la suite de recherches sur plusieurs années auprès de femmes boulimiques (dont un grand nombre était atteint par un trouble narcissique), la psychologue conclut que les femmes perverses narcissiques agissent d’une autre manière. Elles se montrent davantage soumises ou au contraire indépendantes (ou les deux extrêmes). De nombreuses femmes se montrent, à première vue, comme très autonomes, gérant leur vie professionnelle, mais pensent en réalité jouer un rôle et ne valoir rien.
Contrôler l'autre en se soumettant
Un autre groupe adopte volontairement un rôle de personne démunie, adaptée et ayant besoin d’être protégée. Elles pensent qu’en s’adaptant, elles seront reconnues par leur partenaire. Alors que le style narcissique masculin cherche à contrôler la situation (ou la relation) par des traits agressifs ou en montrant leur puissance. Les femmes, elles, contrôlent en se soumettant et en s’adaptant à leur partenaire.
Les deux sont des stratégies permettant de contrôler la situation et d’éviter une vraie relation.
Ces femmes (mais pas que) cherchent de la sécurité en s’adaptant, se montrent timides et câlines, ont un énorme besoin d’être rassurées et une grande peur d’abandon (dans la littérature, ce type de personnes narcissiques est nommé comme « hyper-vigilant » ou « narcisse caché »).
En même temps, il y a aussi des hommes qui ont des traits du « narcissisme féminin » et vice-versa. De plus, il y a aussi de nombreux mélanges des deux types.
Tableau narcissisme féminin - narcissisme masculin (selon Wardetzky)
Une vie aux extrêmes : briller ou se soumettre
La vie des femmes narcissiques est marquée par deux extrêmes : la grandeur ou l’infériorité.
C’est-à-dire que : soit elles se rendent complétement indépendantes, soit elles se soumettent complétement à leur partenaire.
Un équilibre entre ces deux extrêmes ou une vie normale est le plus grand défi pour ces femmes perverses narcissiques.
Le type autonome : rayonner, contrôler, performer, tout réussir
Il s’agit de celles qui réussissent leur carrière, qui grimpent les échelons, celles qui semblent avoir tout réussi ou acquis et qui savent se mettre en valeur. Elles ont leur vie sous contrôle, non seulement leur parcours professionnel, mais aussi leur apparence, leur poids et leur présence rayonnante.
Au travail, elles performent dans leur métier, se montrent fortes et rigides et réussissent par une attitude compétitive et une puissance. Une attitude perfectionniste, une tendance à se dépasser sans respecter leurs limites physiques et psychiques (jusqu’au burn-out) et l’envie de tout conquérir et d’être la meilleure leur est communes.
À cause de leurs standards très élevés, elles ne sont jamais contentes de leurs réussites et souhaitent toujours acquérir plus.
Dans une relation, elles se montrent complétement indépendantes de l’autre et ignorent leurs besoins de proximité et de tendresse. Enfin, elles retirent leur reconnaissance de leur réussite professionnelle ou de l’admiration par l’autre.
Elles croient souvent que seuls leurs résultats leur permettent d’être aimées et qu’elles ne sont pas aimables telles qu’elles sont. En réalité, leur vie est une course pour convenir aux attentes de l’autre (afin de se sentir aimée et reconnue).
Elles suivent la croyance : plus je performe, plus je suis aimée. Plus je brille (je montre ma grandeur), plus je suis appréciée.
Se livrer vraiment dans une relation et se montrer touchables les angoisse.
Le souhait de n'avoir besoin de rien ni de personne, de s’auto-suffire, marque cet extrême.
Elles se créent un masque de grandeur, de performance et de réussite. Derrière ce masque, se trouve la peur de se livrer dans une relation, de montrer leurs émotions et de devenir « humaine » et « touchable ».
L’autre extrême : le sentiment d’infériorité
À la suite de blessures et de critiques, le masque de grandeur peut tomber et le contraire se dévoile : le sentiment d’infériorité. (Encore une fois ces personnes vivent soit un extrême, soit l’autre. Une vie normale ou moyenne, leur semble horrible).
Elles se dévalorisent et se sentent très faibles et se disent : je suis laide, trop grosse, trop faible, je ne réussis pas et je ne suffis pas.
Souvent, une image négative de leur corps et le sentiment d’infériorité au travail sont liés.
Elles se disent : puisque je ne suis pas assez attractive, je ne performe pas. Le sentiment de ne pas suffire et de ne pas performer comme souhaité a pour conséquence que ces femmes deviennent souvent malades. C’est aussi l’occasion de prendre le rôle de la victime qui a droit à la compassion (et d’obtenir ainsi de l’amour et de l’attention).
En même temps, elles ont du mal à recevoir un amour vrai, à être vues et être aimées telles qu’elles sont. Au lieu de reconnaître l’amour qu’on leur offre, elles réagissent avec refus en critiquant l’autre (car elles ne se trouvent pas aimables et se sentent vides intérieurement).
C’est triste de constater que ces femmes, qui désirent autant être aimées et être vues telles qu’elles sont, n’arrivent pas à recevoir l’amour qu’on leur apporte et au contraire le rejette.
Au lieu de se laisser aimer, elles contrôlent la situation en s’adaptant afin d’être aimées. Elles croient que plus elles se soumettent, plus elles sont aimées.
Quitter le narcissisme : devenir normal
Il est possible de quitter la vie des extrêmes, de l’indépendance ou de la dépendance. Le chemin peut être long, mais amène vers une vie normale et sereine. En quittant la complète indépendance et la dépendance ou la symbiose avec l'autre, elles arrivent à vivre une relation seine et vivante.
L’autre ne peut pas les changer, mais si une personne narcissique veut changer, elle pourra aller sur ce chemin avec l’aide d’un professionnel.
Mme Wardetzky nous démontre comment les contes de fées nous montrent le chemin pour quitter les comportements narcissiques, pour faire tomber les masques, pour accepter et exprimer ses émotions et devenir une personne humaine et vraie.
Article à venir prochainement : les étapes clés pour quitter le comportement narcissique et redevenir vrai et humain. Cet article s’adresse à toutes les personnes en quête d’elles-mêmes, notamment celles souffrantes d’un trouble narcissique.
Si vous êtes en relation avec un partenaire narcissique,
https://www.judith-coaching.fr/blog/articles/comment-sortir-de-l-emprise-d-une-personne-narcissique